PSAPP

‘Psapp, c’est le bruit que vous entendez quand vous remplissez un sachet en plastique avec des glaçons, le balancez du plafond par un fil contre une grande boîte en carton jusqu’à ce qu’il se déchire. Vous samplez tout ce foutoir et en faîtes le point de depart d’une chanson…”
Mélodies fraîches et immédiates, assemblages électroniques, violons pincés et claviers enfantins, fragments de bruits ou micros oubliés sous la pluie.
Galia Durant et Carim Clasmann se promènent dans un jardin où il fait bon cultiver les oppositions. On retrouve dans Tiger, My Friend des chansons classiques, comme le sont Calm Down, Curuncula ou King Kong. Ce premier album regorge de mélodies fraîches et immédiates, construites sur une tradition de songwriting, épurée de ses abords arides. Les refrains, décomplexés et charmeurs, s’y installent, fièrement juchés sur une architecture electronica, comme autant de monuments pop. Une multiplicité de sonorités, des centaines de fragments de mélodies occupent l’espace, s’y épanouissent pour former une nébuleuse de notes et de bruitages. Étoiles pures et lumineuses tournant toutes dans le sens de l’expressivité et de l’émotion auditive. Une complexité rendue abstraite parce que mise au service de l’évidence. Des chansons telles que The Counter font remonter à cette surface bouillonnante vulnérabilité et nudité d’âme, le vrai visage de la musique de Psapp, sublimée par ses atours aventureux.
La diversité du son de Psapp est difficile à résumer, mais cela n’a pas empêché l’édition US de Rolling Stone de classé le groupe parmi les “10 Artists To Watch Out in 2005″. Leurs morceaux ont déjà fait des apparitions dans des séries comme The O.C. (Newport Beach), Nip/Tuck Grey’s Anatomy ou 6 Feet Under.
Psapp est un duo dont on pourrait tomber amoureux, et Tiger, My Friend réclame cet amour. Il n’est pas question de mettre ça de côté, il y a dans la musique de Psapp un évident besoin d’échange entre créateur et auditeur. Un besoin de parler, d’être entendu. Un besoin de réponse, de retour. De discussion.
Tiger, My Friend porte fièrement son cœur à nu sur sa poitrine, déambulant à travers des rues pluvieuses, des forêts ensoleillées. C’est dans les bruits, les craquements et les effusions sonores que se crée une certaine infection. Au-delà de la légèreté et de la naïveté, les mélodies sucrées de Psapp racontent avec une étonnante honnêteté des histoires de mise en danger quotidienne. Ces sentiments, ces émotions si simples deviennent, à travers la musique, l’axe autour duquel s’articule l’ensemble des pièces de l’album.
Tiger, My Friend est une mer bouillonnante, à la surface de laquelle remontent vulnérabilité et nudité d’âme. Les doutes, la mise en danger quotidienne cristallisés dans un miel sauvage et sucré. Les comptines d’une promenade à travers la vie, rendue extraordinaire.
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